RENCONTRE AVEC BENOIT CORI : vainqueur des Templiers 2014

Bien qu’il ait remporté la SaintéLyon en 2013 et la 20e édition des Templiers cette année, ce Basque de 32 ans demeure méconnu dans l’univers du Trail. Pourquoi ? Ainsi, il importait de faire plus ample connaissance avec cet athlète.

 

. A posteriori, quels souvenirs conserves-tu de cette première expérience vécue dans l’Aveyron ?

– Déjà, j’ai été impressionné par l’Ambiance. Jamais je n’ai vu une telle foule massée sur un parcours de trail. Je ne m’attendais pas à être encouragé par autant de spectateurs. C’était fabuleux. Egalement en ce qui concerne le niveau compétitif, en matière de densité je n’avais jamais vu ça ailleurs. C’est très motivant. Face à tous ces étrangers qui participaient au match : « France against the World », cocardier j’avais à cœur de démontrer aux Américains et aux Européens que j’étais en mesure de rivaliser avec eux

 

74 km cori. Et t’attendais-tu à un tel effort ?

– J’ai beaucoup apprécié ce parcours magnifique sur lequel, je me suis vraiment senti à l’aise. Résidant à Ustaritz, située à proximité de Biarritz, je m’entraîne dans les montagnes environnantes dont les sommets culminent à 1200 mètres. Par contre en comparaison du circuit des Templiers, je dirais que chez moi on cumule plus de dénivelé. Par exemple, il m’arrive d’enchaîner 1000 mètres de suite, tandis qu’à Millau, cela n’excédait jamais plus de 500 mètres. Aussi je me retrouve confronté à des descentes beaucoup plus techniques. Donc, quand j’ai pris le départ, je savais que le tracé allait être plus abordable, que mon terrain d’entraînement.

 

. Sinon, comment un Basque peut-il être licencié chez les Chtis ?

– J’ai signé au Running Club Noyellois, parce que j’ai passé mon enfance dans Le Pas-de-Calais. Et, où je vis il n’existe pas de club. Je m’entraîne seul. Donc, quitte à prendre une licence autant adhérer dans une association de la ville, dont je suis originaire, et où il m’arrive de retourner. Comme ça quand je me rends là-bas, je n’ai pas de problèmes pour partager des footings en groupe. De plus, dans l’année on se retrouve sur des compétitions.

 

. Pourtant, tu apparais peu dans les classements. Pourquoi ?

– Cela devrait changer à partir de 2015. Sergent-chef dans un régiment parachutiste, j’ai toujours été amené à voyager sur différents théâtres d’opérations extérieures qu’il s’agisse de l‘Afghanistan, du Niger, du Mali et d’autres. Dans ces conditions, il est difficile de programmer une saison à l’avance, car on ne sait pas quand, où et combien de temps va durer une mission. Sur place, il demeure possible de courir un peu, mais ce n’est pas du tout la priorité. De surcroît, pour des raisons de sécurité on tourne sur un circuit de 1 km au sein du casernement. Et marié et père de 2 enfants lorsque je rentre suite à une absence de 4 à 5 mois, je ne vais pas m’en aller sur des trails à l’autre bout de la France. Ce que mes proches percevraient très mal. Voilà pourquoi pour profiter de la vie de famille, je me limite à des épreuves locales, où je m’éclate. Ainsi, je passe inaperçu au plan national. Enfin, pour compléter l’ensemble, j’ai été blessé pendant 5 mois à un genou. Cela a traîné, parce que je voulais reprendre trop vite. Là encore j’ai appris, avant de reprendre tout à zéro dans l’optique des Templiers.

 

. Tu as évoqué 2015. Que va-t-il se passé ?

– On va me voir plus souvent, puisque je vais moins voyager. Ce qui me permettra de planifier ma saison sportive. Je vais devenir instructeur. C’est-à-dire, que je concourrai à la formation de combattants.

 

. Revenons aux Templiers. Comment s’explique le choix de ce trail ?

– Jamais, je n’avais couru un événement d’envergure. Disponible à ce moment, tout simplement j’ai décidé de m’inscrire au trail le plus connu.

 

. Qu’attendais-tu de cet événement ?

– Surtout pas la victoire, eu égard à la qualité du plateau. Intégrer le top 10 m’aurait amplement satisfait. Une fois en course, j’ai laissé filer sans jamais me mettre dans le rouge, mais en faisant en sorte de me situer aux alentours de la 10e place. Partir devant et prendre l’initiative d’entrée cela aurait été suicidaire. En forme, je me sentais bien, je prenais du plaisir et n’ayant pas la pression du résultat, je me suis surpris à regarder le paysage. Toutefois, vu qu’au fil des km et sans accélérer, je reprenais des concurrents. Là j’ai décidé de me battre et de tout donner, car cela booste. Toutefois, quand je me suis retrouvé second, sérieusement je pensais que c’était fini. Pour moi il apparaissait impossible de revenir sur Zach Miller. Quand je l’ai repris avant d’attaquer la dernière bosse, c’était dur mais en même temps j’étais survolté sachant qu’une victoire se profilait. Puis quel bonheur, lorsque j’ai franchi la ligne. Comme quoi, il ne faut jamais s’affoler. Soixante douze km, c’est long et rien n’est jamais jouer. La preuve en est que je ne pensais pas que l’écart entre les autres et moi serait si peu important. Ce qui montre que tout le monde s’est battu jusqu’au bout et que la moindre erreur aurait été fatale. J’aime ça. Cela démontre que c’était vraiment relevé. Et chez les femmes, il en a été de même.

 

. Quels sont tes projets ?

– Suite à ma victoire à la SaintéLyon, j’avais signé avec Endurance Shop. Là, je viens d’intégrer le Team Mizuno. Je vais jouer le TTN avec au programme : Gruissan, l’Ecotrail de Paris, un trail à déterminer et les France.

 

. Et les Templiers ?

– Evidemment, je viendrai défendre ma couronne. A propos à l’avenir j’aimerais, même si j’en ai profité, que l’assistance aux ravitaillements ne soit plus possible. Cela mettrait tout le monde sur un même pied d’égalité et cela serait plus conforme à une forme de minimalisme en adéquation avec la nature. Sinon, si je le mérite j’apprécierais de courir pour le Team France. Je rêve d’une sélection pour honorer le drapeau tricolore.